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A proximité immédiate de la VILLA FONTANE PROVENCE se déroulent au mois de mai 4 fêtes traditionnelles exceptionnelles : la Bravade de la Saint-Maur à Cogolin ; la Bravade de Sainte-Maxime ; la Bravade de Saint-Clément à La Garde-Freinet, mai et la fameuse Bravade de Saint-Tropez.

Mais au fait, qu’est-ce-qu’une bravade ?

La bravade est un jeu rituel analogue aux jeux funéraires de la Grèce antique, avec jets de pierres pour écarter les puissances maléfiques. En Provence, elle aurait pour origine antique l’habitude des Marseillais de faire protéger leurs processions et cérémonies publiques hors les murs par des soldats en armes. Au Moyen-Âge, les corps de bravade « Li Bravadaire » en provençal, sont chargés de protéger les processions et pèlerinages contre d’éventuels ennemis.

Au fil du temps, et selon les lieux, la bravade se transforme en fêtes et jeux : luttes, courses, poursuites, simulacre de combats… C’est le combat à coups de pierre, de mottes de terre, de fruits, d’objets divers, ou le défilé avec jets de pétards, décharge de mousqueterie, jeunes gens costumés et armés de tromblons.

Sous l’égide d’un saint patron, un combat rituel peut opposer deux factions rivales, symbolisant deux options possibles (par exemple le temps sec et le temps pluvieux). Du déroulement et de l’issue du combat, on obtient un présage de l’année à venir. Le jeu rituel peut se faire aussi entre paroisses voisines, pour revigorer les hommes et rétablir l’harmonie de leur communauté.

SAINT-TROPEZ

La bravade est organisée par la municipalité et l’association des amis de la Bravade et des traditions tropéziennes.

Chaque année le 16 mai, le maire remet en compagnie du maire de Pise la pique au Capitaine de Ville élu le lundi de Pâques pour une année. Des salves de fusils sont tirées par les marins et des coups de tromblons tirés par les mousquetaires. Le curé bénit les armes. Les Gardes-Saint sortent la statue de saint Tropez de l’église Notre-Dame-de-l’Assomption de Saint-Tropez et l’emmènent en procession au son des cloches, fifres, tambourins, clairons et tambours dans le nuage de poudre des coups de tromblons des bravadeurs disposés en cercle. Le lendemain, c’est la messe des mousquetaires, les bravadeurs ont cette fois une arme blanche sur laquelle est fixé un petit bouquet béni.

Historique

En l’an 68 après Jésus-Christ, le chevalier Torpes (saint Tropez de Pise), natif de Pise, intendant de l’empereur Néron, se convertit au christianisme. Comme il refusait de renier sa nouvelle foi, Néron, furieux, ordonna de le décapiter. Sa tête, après avoir été précipitée dans l’Arno, fut recueillie par des mains pieuses ; elle est aujourd’hui à Pise. Son corps, placé entre un coq et un chien au fond d’une barque vermoulue, fut abandonné au gré des flots et vint s’échouer le 17 mai sur les rivages d’Héracléa (ancien nom de Saint-Tropez, ce dernier dérivé de Torpès).

Pendant de nombreuses années, les pirates écumèrent les côtes méditerranéennes. Il devint nécessaire d’avoir un chef de guerre et, en 1558, le conseil de la communauté décida de désigner sous le nom de capitaine de ville, le chef de la milice locale chargé de recruter et commander les hommes nécessaires à la défense de la cité. Depuis 1558, chaque lundi de Pâques, le conseil municipal procède à l’élection d’un capitaine de ville. Pendant plus d’un siècle, les capitaines de ville et leur milice tropézienne assurèrent la défense locale et s’opposèrent victorieusement aux nombreuses attaques venues aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur. Les pouvoirs qui leur étaient reconnus dans la ville de Saint-Tropez furent confirmés par des lettres patentes de tous les rois de France jusqu’à Louis XIV. Sous le régime de celui-ci, la milice locale fit place à une garnison royale installée à la citadelle.

Mais en cessant de faire usage de leurs armes pour la défense de leur cité, les Tropéziens les conservèrent pour honorer leur saint patron. Le capitaine de ville continua à se mettre à la tête de la Bravade, grande fête patronale du 17 mai, et les habitants ne furent que plus zélés à reprendre ce jour-là le costume et les armes qu’ils avaient jusqu’alors portés. Depuis, la ville de Saint-Tropez voit chaque année ses habitants en armes revêtir leurs uniformes de soldats et marins et faire retentir leurs tromblons et fusils en l’honneur du saint, comme à l’époque où ils allaient au combat ou à celle où, en pareil jour de fête, ils protégeaient d’attaques éventuelles la procession se rendant à la chapelle de Saint-Tropez située hors les murs1.

Cette Bravade, issue des libertés de Saint-Tropez, communion de toute une population dont l’histoire lointaine ou récente n’est qu’héroïsme et fidélité, s’est perpétuée intacte jusqu’à nos jours.

À partir de la « Grande Guerre », aucune bravade n’est plus organisée sur le territoire des départements du Var et des Alpes-Maritimes. Elles reprennent trois ans après l’armistice, grâce à la volonté du Capitaine de Ville de 1921, Jean-Baptiste Sanmartin, futur Cépoun major, qui a permis aux rescapés de surmonter les souvenirs douloureux du massacre pour commémorer à nouveau les faits d’arme de la milice du bailli de Suffren2.

Alors que seuls les membres des familles tropéziennes sont admis à tenir cette charge, Victor Tuby, félibre et sculpteur cannois, prend place en 1925, en habit d’académicien quand la tradition impose l’uniforme d’officier de marine du second empire, à la tête du corps d’élite des gardes-saint de la bravade de Saint-Tropez. Son influence et celle de Joseph Clamon ont entraîné la renaissance des traditions provençales.

bravade st tropez

 

460 ANS DE BRAVADES

La milice locale sous l’autorité de son Capitaine de Ville assura ensuite des décennies durant la sécurité de la Ville. Elle s’illustra notamment le 15 juin 1637, date désormais entrée dans l’histoire locale et célébrée annuellement lors de la Bravade des Espagnols.

L’institution du Capitaine de Ville officiellement créée au XVIe siècle, se maintint, au cœur même des institutions tropéziennes, grâce à la Bravade. Elle perdura malgré l’installation à la Citadelle d’une garnison royale, malgré les évolutions du statut de la milice bourgeoise puis sa disparition progressive face à une structuration et une professionnalisation des armées de notre pays avec la constitution notamment de la Garde nationale.

Les Capitaines de Ville et les Bravades ont perduré aussi malgré les vicissitudes de l’histoire de notre pays et notamment les phases de trouble sous la Révolution française et durant la Seconde Guerre Mondiale, alors que la commune était sous le joug des troupes d’occupation et qu’il n’était pas question pour les Tropéziens de défiler en armes dans les rues de la Ville.

 

 

La Garde-Freinet, La Bravade de Saint-Clément.

La Bravade est une vieille tradition du village de La Garde-Freinet, elle est célébrée en honneur du Saint Patron, pape et martyr du 1er siècle. Le patron de la paroisse, Saint-Clément, est célébré chaque année fin avril/début mai pour commémorer la translation des reliques du saint à l’église de La Garde-Freinet.
La veille on expose les reliques dans l’église paroissiale et le corps de bravade se forme et assiste aux vêpres. Le lendemain a lieu une grande procession des reliques avec les bravadeurs et les fifres jusqu’à la chapelle Saint-Clément, où se déroule une messe.
Le dimanche a lieu une procession à la suite de Saint-Clément à travers le vieux village suivie de l’accueil officiel de Notre-Dame de Miremer et de la Grand’Messe chantée à l’église paroissiale.
La commémoration se termine par des danses provençales avec la participation des fifres et de groupes folkloriques.

 

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